Le 20 septembre dernier, « Envoyé spécial » nous plongeait dans l’enfer des EHPAD, pour les patients comme pour les employés. Hella Krerief, une aide-soignante qui avait témoigné à visage découvert, a perdu son emploi quelques heures après la diffusion du reportage de France 2.

Au lendemain de la diffusion de son témoignage poignant sur les conditions de travail dans les EHPAD, son employeur l’a appelé pour mettre fin à la période d’essai de son CDI signé sept jours avant le reportage.

La journaliste Julie Pichot, qui avait recueilli ses paroles, a expliqué, dans un post Facebook publié le 2 octobre, que la jeune femme n’a reçu aucune explication sur cette décision.

Dans les images d’« Envoyé spécial », l’aide-soignante revenait sur une nuit où elle avait filmé ses conditions de travail. Sur les images de son smartphone, on pouvait voir l’abandon de personnes en fauteuil roulant dans les couloirs. « Ces deux dames sont devant l’ascenseur depuis au moins une heure, une heure et demie » se désolait Hella Krerief sur l’enregistrement. Cette nuit-là, elles étaient seulement deux aides-soignantes et une femme de ménage pour s’occuper de 94 personnes.

Victime de son témoignage  ?

La question en suspend est : « a-t-elle perdu son travail à cause de son témoignage  ? ». Durant sa discussion avec la journaliste, la jeune femme ne parle que de ses anciens employeurs et non de son nouveau lieu de travail.

Quelques jours avant la diffusion d’« Envoyé spécial », Hella Kherief avait signé un CDI dans une clinique privée de Marseille.

La journaliste, qui a réalisé le reportage et rédigé le post Facebook, explique que la jeune femme était épanouie dans ses nouvelles fonctions. « Le lendemain de la diffusion du reportage, Hella m’a téléphoné, triste révoltée. On venait de lui annoncer la fin de sa période d’essai. Comme ça, sur-le-champ, un matin après une nuit de boulot, sans explications ».

Dans les quelques lignes de la journaliste, on apprend que l’aide-soignante « n’a jamais regretté son témoignage. S’empressant de me dire que s’il fallait le refaire, elle le referait ».

Pour Julie Pichot, il est important de protéger les lanceurs d’alerte comme Hella. L’aide-soignante avait déjà témoigné plusieurs fois sur ce thème controversé, essayant d’élever les consciences, dans deux autres émissions. Après ses déclarations, Hella et deux de ses collègues avaient été licenciées.

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