Après plus de seize heures de débat, le Sénat argentin a rejeté la légalisation de l’avortement malgré la forte mobilisation des organisations féministes.

L’Argentine n’était pas loin d’imiter son voisin, le Chili, qui avait, il y a quelques mois, dépénalisé en partie l’avortement après 28 ans d’interdiction. Malheureusement, pour les nombreuses militantes argentines qui étaient descendues dans la rue pour se faire entendre, le Sénat n’a pas suivi le mouvement des députés qui avaient pourtant approuvé, le 14 juin dernier, le texte de loi légalisant l’avortement en Argentine (129 pour et 125 contre).

Après plus de seize heures de débats dans l’enceinte de l’institution, 38 sénateurs se sont prononcés contre l’avortement, alors que 31 s’étaient déclarés favorables, et deux se sont abstenus.

La joie des militants anti-avortement. Crédits image : Shutterstock / Gustavo Pantano

Devant le Parlement situé à Buenos Aires, le vote défavorable à l’avortement a été accueilli par des feux d’artifice et des cris de joie par les militants anti-IVG. En revanche, à la place du Congrès, les partisans de la légalisation de l’avortement ne cachaient pas leur tristesse et leur déception.

Depuis plusieurs semaines, le pays est divisé en deux couleurs : le vert, qui symbolise la lutte pour le droit à l’avortement, et le bleu clair, référence au drapeau du pays, qui représentait les militants anti-avortement.

Dans le pays natal du pape François, également anti-avortement, le combat pour la légalisation de l’IVG n’était pas gagné d’avance, malgré l’avis favorable des députés du mois de juin dernier. Au Sénat, chacune des 24 provinces dispose de trois représentants, quel que soit son poids démographique. Buenos Aires et sa province, plus favorables à l’IVG, s’y retrouvent sous-représentées car elles abritent plus d’un tiers de la population du pays.

Une militante pro-avortement, certainement déçue du vote des sénateurs. Crédit image : Shutterstock / Carol Smiljan

Désormais, il faudra attendre 2020 pour que le débat sur l’avortement soit de nouveau examiné par le Parlement. Cependant, une autre solution existe comme le suggère Daniel Lipovetzky, député de la coalition gouvernementale Cambiemos (« Changeons », pro-avortement, N.D.L.R.), qui évoque un possible référendum : « Quand les députés pensent d’une manière et les sénateurs d’une autre, cela mérite peut-être un système de démocratie directe. C’est possible qu’on le propose ».

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