Suite aux manifestations mouvementées des gilets jaunes ce week-end, le Premier ministre devrait annoncer, ce mardi, un moratoire sur l’augmentation de la taxe sur les carburants prévue le 1er janvier.

Quelques jours après les affrontements de la journée de samedi entre les gilets jaunes et les forces de l’ordre et à quatre jours d’un nouvel appel à manifester, Édouard Philippe va tenir une réunion regroupée ce mardi matin, devant le groupe des députés LREM et MoDem à l’Assemblée. Cette réunion confirmera l’annonce d’un moratoire sur l’augmentation de la taxe sur les carburants, ainsi que d’autres mesures d’apaisement afin de mener un débat sain pour pacifier le pays.

« Ce que nous avons vécu le week-end dernier, nous ne pouvons pas le revivre »

Le moratoire sur la hausse de la taxe carbone et la taxe sur les carburants qui devait augmenter au 1er janvier, était la principale demande émanant de la plupart des chefs de partis politiques reçus lundi à Matignon. Cette décision fortement exclue par le pouvoir ces derniers jours, va vraisemblablement être officialisée suite aux déchaînements de violences et le conflit qui règne entre les gilets jaunes et le gouvernement.

« Le temps du débat est venu, on lève le crayon, on fait un gel […], il doit y avoir une pause pour mettre en place le débat » a déclaré le délégué général de La République en Marche, Stanislas Guerini, ce mardi matin sur RTL. « Ce que nous avons vécu le week-end dernier, nous ne pouvons pas le revivre. Nous avons mis en œuvre un certain nombre de mesures et les Français ne les perçoivent pas concrètement ».

L’abandon de la hausse des taxes était la première demande des gilets jaunes, avant l’élargissement des revendications notamment fiscales et salariales.

« Ce moratoire ne serait pas suffisant »

Ce geste d’apaisement reste malgré tout critiqué par l’opposition, qui juge cette annonce insuffisante.

« C’est insuffisant, j’espère que moratoire veut dire annulation de la hausse » a déclaré Bruno Retailleau, chef de file des sénateurs Les Républicains sur Public Sénat. Pour Daniel Cohn-Bendit sur France Inter, « ce moratoire ne serait pas suffisant […], ce n’est pas la honte de reculer. On n’est pas dans une période révolutionnaire, on est dans une période de tentation autoritaire ». Même réaction du côté du membre du parti communiste français Fabien Roussel : « nous voulons des mesures pérennes, pas des annonces à temps partiel ».

Pour Ségolène Royal, ce changement de situation est à saluer en dépit du fait que la décision aurait dû être prise plus tôt. « Cette décision aurait dû être prise dès le départ, dès l’émergence du conflit, dont on sentait qu’il allait être très dur car on voyait la rage, l’exaspération, notamment des retraités ».

Il semble en tout cas, que la décision du moratoire sera annoncée aujourd’hui. Il y a urgence car selon Bercy, les deux premières semaines d’actions des gilets jaunes ont déjà un impact sur l’économie. Aujourd’hui, de nombreuses stations-service sont en pénurie d’essence, tandis qu’au même moment, de plus en plus de lycées sont bloqués en soutien aux gilets jaunes.

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