Tôt ce lundi matin, devant l’Assemblée nationale, à Paris, des centaines d’ambulances se sont rassemblées, réclamant la suspension d’une réforme du financement des transports sanitaires.

Depuis 5 h 30 du matin, des sirènes hurlantes et gyrophares en action se font entendre dans le centre de Paris, près de l’Assemblée nationale. Plusieurs centaines d’ambulance bloquent le pont de la Concorde (VIIIe arrondissement), ainsi que la rue de Rivoli, pour protester contre l’article 80 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), qui va être présenté ce lundi devant les députés pour le vote définitif.

Vers une « ubérisation » du métier qui déplaît fortement

Ce rassemblement vise à protester contre l’article 80 du budget de la Sécurité sociale, entré en vigueur le 1er octobre. Celui-ci réforme le financement des transports sanitaires entre établissement de santé et risque d'ubériser le métier. Depuis cette date, la prise en charge des transports des patients revient directement aux hôpitaux et cliniques, plutôt qu’à l’Assurance maladie, tout comme le choix des ambulances privées, qui était antérieurement réservé aux patients.

Dans ce secteur essentiellement composé de petites structures, les professionnels redoutent que les hôpitaux travaillent en priorité avec de grands groupes qui pratiquent des prix plus attractifs sur lesquels ils ne pourront pas s’aligner.

« 80 % des 5 600 sociétés sont menacées de fermeture »

Cette loi d’article menace fortement les TPE et les PME, qui n’ont pas les moyens de baisser leur prix de 40 à 50 % pour rejoindre ceux des grosses firmes du secteur, notamment en province où la demande n'est pas aussi forte que celle de la capitale.

« C’est actuellement dramatique, car 80 % des 5 600 sociétés […] sont menacées de fermeture » déclare Damien Chene sur France info, qui se présente comme le représentant du collectif de Nouvelle Aquitaine. « Les fermetures de certaines sociétés ont déjà commencé, certaines sont déjà en liquidation judiciaire alors que ça ne fait que deux mois que cet article est mis en place ».

« On a perdu entre 20 et 30 % de notre chiffre d’affaires mensuel depuis le 1er octobre. J’ai mis deux personnes au chômage ce mois-ci » témoigne auprès du Figaro, Jordan, patron d’une entreprise de 10 employés.

Certains ambulanciers ont affiché un gilet jaune à l’intérieur de leur véhicule, en soutien au mouvement qui sévit partout en France.

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