Fini les balades à dos d'âne pour les vacanciers obèses sur la célèbre île de Santorin. La Grèce vient d'interdire cette activité aux touristes en surpoids après que de nombreuses associations ont mis en avant les blessures que ces balades récurrentes infligaient aux équidés.

Crédits : Kavalenkau / Shutterstock

Les ânes de l'île de Santorin ne pourront plus servir de moyen de locomotion aux vacanciers obèses comme cela était régulièrement le cas jusqu'alors. Beaucoup d'entre eux utilisent en effet ces « taxis vivants » pour se déplacer et ainsi ne pas avoir à emprunter à pied les nombreuses marches de cet archipel pentu.

Le ministère grec du Développement rural et de l'Alimentation a instauré une nouvelle réglementation qui empêche désormais aux touristes pesant plus de 100 kg de chevaucher les bourriques sur l'île pour le bien-être des animaux.

Cette décision fait suite aux récentes prises de position des défenseurs de la cause animale sur le sujet, largement médiatisées par la suite : « L'île de Santorin en Grèce est le théâtre quotidien de maltraitance animale », s'alarmait l'association Peta en septembre dernier, appelant le ministère grec du Tourisme à agir.

Une pétition pour mettre fin aux souffrances des équidés à Santorin avait également récolté plus de 100 000 signatures.

Une surexploitation des ânes

Derrière le décor paradisiaque de l'île, se cache une réalité nettement moins glamour. Les animaux y vivent un enfer. Leur exploitation abusive et le poids élevé de certains individus créeraient de sévères blessures chez les ânes, notamment à la colonne vertébrale, et de multiples plaies ouvertes.

« Plus la charge est lourde, plus la tension sur les articulations et le dos des animaux est importante », assure la Peta.

Crédits : Caters News Agency

Pendant l'été, sept jours sur sept et sous un soleil de plomb, les ânes et les mules peuvent effectuer quatre ou cinq voyages quotidiennement. Ne marquant quasiment jamais de pauses et n'ayant pas le temps de s'abreuver, ils croulent sous la fatigue.

Lorsqu'ils ne sont pas occupés à porter des gens, ils doivent encore transporter diverses marchandises dont le poids dépasse là encore largement leurs capacités.

Gravir des falaises, monter des centaines de marches, recevoir des coups de fouets pour avancer plus vite… Tel est le quotidien de ces porteurs. Un constat d'autant plus édifiant quand on sait que cette « attraction » est totalement évitable étant donné qu'un téléphérique est en service depuis des années.

Les propriétaires des ânes devront désormais assurer à leurs bêtes un niveau de bien-être satisfaisant. Quant aux touristes en surpoids, ils n'auront plus qu'à chausser leurs meilleures baskets et découvrir les ruelles de Santorin à pieds.

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