Si Édouard Philippe a bien laissé entendre que le SMIC serait augmenté de 3% en janvier prochain, la réalité est tout autre. Explications.

Le SMIC augmenté de 3% au mois de janvier ? L’annonce avait surpris, voire rassuré certains « gilets jaunes » mais l’espoir fut de courte durée ! Il ne s’agit en réalité que d’un trompe-l’oeil - volontaire ? - dû à une confusion autour du mode de calcul

Lors de son allocution de mardi, au cours de laquelle il avait annoncé un moratoire de six mois sur la hausse de la fiscalité du carburant, Édouard Philippe avaient en effet déclaré qu’une augmentation significative du SMIC interviendrait en début d’année prochaine.

Aucun coup de pouce

« Nous constaterons une hausse de 3 % du SMIC net au 1er janvier (…) une des plus importantes de ces vingt-cinq dernières années », avait alors assuré le Premier ministre, faisant ainsi espérer un coup de pouce significatif au revenu minimum. Dans les faits, il n’en est rien.

Selon le Parisien, les smicards ne bénéficieront en effet que d’une augmentation à hauteur de 1,8%, ce qui n'a rien d'exceptionnel. Chaque année au 1er janvier, le SMIC - qui s’élève actuellement à 1 498,47 € brut, soit 1 184,93 € net - est ainsi revalorisé automatiquement en fonction de deux critères : d’une part, l’inflation constatée chez les 20% de ménages dont les revenus sont les plus faibles et, d’autre part, la moitié du gain de pouvoir d’achat pour le salaire horaire de base ouvrier et employé (SHBOE).

Il n’y aura donc aucun véritable coup de pouce de la part du gouvernement mais uniquement une revalorisation comme il est de coutume lorsqu’une nouvelle année débute. Mais alors pourquoi diable Édouard Philippe a-t-il évoqué ce chiffre de 3 % ? A-t-il délibérément grossi cette estimation dans un souci d’apaisement, alors que les tensions s’exacerbent autour de la mobilisation des « gilets jaunes » ?

Le chiffre est en fait le résultat d’un calcul global intégrant la baisse des cotisations salariales - en vigueur depuis le 1er octobre - ainsi que l’augmentation de la « prime d’activité » (versée aux travailleurs à revenus modestes) qui s’élève désormais à 551,51 € contre 531,51 € par le passé. Deux mesures que le Premier ministre avait, du reste, évoquées juste avant d'annoncer la hausse de 3%.

Lors de la traditionnelle séance des questions au gouvernement ce mercredi, Édouard Philippe a d'ailleurs bien confirmé que cette augmentation serait de 1,8 % dans les faits, ce qui fera passer le montant mensuel de 1498,47 € à 1525,45 €. La barre symbolique des 1 500 euros sera donc franchie pour la première fois.

Pour rappel, l’augmentation du SMIC est l’une des principales revendications exprimées par les « gilets jaunes ».

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