Santé Publique France a publié, ce jeudi 4 octobre, un rapport sur la mystérieuse recrudescence de nouveau-nés atteints de malformation dans trois départements français.

L’Ain, la Bretagne et les Pays de la Loire ont connu plusieurs naissances de bébés sans bras cette dernière décennie. Entre 2009 et 2014, sept bébés sont nés sans bras ou sans mains aux alentours d’un village de l’Ain, un taux anormalement élevé pour la région. D’autres cas de malformations du même type ont été recensés dans les deux autres départements.

Le rapport n'apporte aucune réponse et mérite une investigation plus poussée. Crédits : Shutterstock/spfotocz

Suite à ces signalements, Santé publique France a conduit une investigation épidémiologique qu’elle a rendu publique ce jeudi.

Après une analyse statistique et de terrain, le rapport « ne met pas en évidence un excès de cas par rapport à la moyenne nationale, Santé publique France n’a pas identifié une exposition commune à la survenue de ces malformations. L’absence d’hypothèse d’une éventuelle cause commune ne permet pas d’orienter des investigations complémentaires ». Pour les deux autres communes de Bretagne et de Pays-de-Loire, l’organisme ne donne, là aussi, aucune raison.

Hasard ou exposition à des pesticides ou médicaments  ?

Sans réponse sur ce possible « scandale sanitaire », deux pistes sont envisageables  : le hasard (qui n’est pas vraiment une piste) et l’exposition répétée à un pesticide et/ou un médicament.

Pour Emmanuelle Amar, directrice du Registre des malformations, ce « fruit du hasard » est impossible, explique-t-elle sur Franceinfo  : « exactement la même malformation, ça ne s’est jamais passé dans l’histoire des malformations. La probabilité que ça soit lié au hasard est plus qu’infinitésimale. On est face à un plausible scandale sanitaire. »

Pour la directrice, il y a de fortes chances que ces malformations soient le fruit d’une exposition des mères à des produits phytosanitaires comme des pesticides.

Mais pour le moment, cette piste n’est pas explorée confirme Anne Galley, directrice des maladies non transmissibles et des traumatismes, dans le rapport de Santé Publique France. « Nous, on n’investigue pas sur l’utilisation des pesticides parce que ce n’est pas notre métier, ni notre mission. Par contre, ce qu’on fait, c’est qu’on s’interroge sur l’impact possible sur les animaux puisqu’on sait que c’est un modèle de départ. »

Selon l’enquête réalisée par Franceinfo, des cas de malformation animale ont été recensés dans l’Ain. Pourtant, l’investigation de Santé Publique France n’a pas été poussée sur ces malformations.

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