Stockholm renonce à sa Fashion Week afin de faire passer un message sur l’urgence de préserver la planète. L’industrie du textile est en effet la deuxième industrie la plus polluante, après celle du pétrole.

Eh oui, triste nouvelle pour tous les fans de mode, la Fashion Week de Suède est annulée ! Elle devait se dérouler du 27 au 29 août mais le Conseil de la mode en a décidé autrement, et a annulé l’événement afin de dénoncer la pollution massive générée par l’industrie du textile. Car si la pollution liée à au pétrole est en première position, la deuxième industrie la plus polluante est bel et bien celle du textile, et ce, à cause du phénomène de la « fast fashion » (mode jetable).

En l’espace de quinze ans, la production de vêtements a doublé. Et à l’heure où le réchauffement climatique se fait sentir, elle engendre tout de même 1,2 milliards de tonnes de CO2 par an, et utilise 4% des ressources mondiales d’eau potable. 

La Fashion Week de Stockholm annulée, ils dénoncent la pollution textile. Crédit : shutterstock/skhasanali

Malgré les efforts de l’ancien ministre Arnaud Montebourg en 2012 afin de promouvoir le « Made In France », 70% des produits vendus en France continuent de venir d’Asie du sud-est. 140 milliards de vêtements sont produits dans le monde chaque année, un chiffre qui a quadruplé depuis 1980.

« Dans les années 90, des entreprises comme Nike décident de garder leur siège avec la création, le marketing et la communication dans un pays du Nord. Ils choisissent de sous-traiter la fabrication dans un pays du Sud pour obtenir les meilleurs coûts et des produits moins chers qui sont réalisés plus rapidement. Ce mouvement est donc suivi par d’autres marques, d’autres enseignes, et dans le même temps la production mondiale de mode et d’habillement explose et construit cette industrie de la modetelle qu’elle est aujourd’hui » affirme la sociologue Aurélie Luneau au micro de France Culture

Dans les années 2000, cette compétitivité s’accélère encore et les marques ne jurent que par le renouvellement de leurs collections, appelé « fast fashion ».

25% des pesticides de la planète sont utilisés pour la simple culture du coton, en termes d’émissions de gaz à effet de serre, l’industrie textile pollue davantage que le transport en commun selon la sociologue spécialisé dans l'environnement Majdouline Sbai : « Quand on consomme autant de ressources naturelles pour fabriquer des vêtements qui ensuite, sont vendus à très bas prix pour la plupart et jetés, sans parfois avoir été portés, c’est un vaste gaspillage ! »

La solution ? Il s’agirait de réinvestir dans la fabrication des vêtements, de redonner de la valeur au processus de fabrication et au savoir-faire, afin de revaloriser le textile. Repenser le recyclage également, moins de 1% des tissus de nos vêtements sont aujourd’hui recyclés…

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