Un post Facebook dénonçant vigoureusement les appels au blocage des routes le 17 novembre est très vite devenu viral sur les réseaux sociaux, au point que son auteur a été un peu dépassé par les événements.

La grogne des automobilistes n’en finit plus de prendre de l’ampleur dans le pays, suite aux nouvelles augmentations des prix du carburant. Une colère populaire qui prend peu à peu la forme d’un grand mouvement de protestation, avec en point d’orgue un appel à bloquer les routes le 17 novembre, à l’initiative des « gilets jaunes ». Une action approuvée par 78% des Français, si l’on en croit le récent sondage publié par Odoxa-Dentsu Consulting. Une très large majorité donc.

« Mon fils ne verra pas la moitié des animaux du Zoo de T’choupi »

Pourtant, il existe également des voix discordantes qui n’ont que faire de ce mouvement. C’est notamment le cas de ce père de famille qui s’est insurgé sur Facebook des messages appelant à un blocage d’envergure, considérant qu’il y avait d’autres problématiques plus urgentes devant lesquelles s’indigner, dont la destruction de l’environnement.

Posté le 1er novembre et déjà partagé plus de 70 000 fois, le message dénonce avec fermeté les appels au blocage circulant sur les réseaux sociaux, énumérant au passage toute une série de désastres écologiques et autres problèmes insolubles.

« Je mate une p̶u̶t̶a̶i̶n̶ ̶d̶e vidéo de WWF qui explique qu'on a dézingué 60% des espèces animales en 40 ans à côté de mon fils qui tripe sur son bouquin 'T'Choupi au Zoo' et je reçois une 126 ème p̶u̶t̶a̶i̶n̶ ̶d̶' invitation pour ce fameux p̶u̶t̶a̶i̶n̶ ̶d̶e 'Blocage du 17 Novembre’. Nos générations butent tout sur cette planète, mon fils ne verra pas la moitié des animaux du Zoo de T'choupi dans 20ans. Y'a plus de plastique que de poissons dans nos océans. Nos p̶u̶t̶a̶i̶n̶ ̶d̶e̶ politiques autorisent de liquider des forêts entières avec les animaux qui y vivent et les humains qui en vivent aux bénéfices de p̶u̶t̶a̶i̶n̶ ̶d̶e sociétés comme Total », déplore d’entrée cet homme appelé Antony Hamon.

Et l’intéressé de dénoncer ensuite la pauvreté, la famine au Yémen, la situation des migrants en Méditerranée, la répression des homosexuels en Tchétchénie et des musulmans en Chine, ou encore les élections de Donald Trump et Jair Bolsonaro aux États-Unis et au Brésil.

« Y'a pas une journée qui passe sans un tsunamis, un tremblement de terre ou un p̶u̶t̶a̶i̶n̶ ̶d̶' ouragan. Et y'a pas UN SEUL p̶u̶t̶a̶i̶n̶ ̶d̶e blocage de la planète pour ça (…) Et parce que tu payes ton p̶u̶t̶a̶i̶n̶ ̶d̶e diesel plus cher tu veux nous bloquer le pays...? Mais t'as absolument RIEN compris mon gars sérieux », poursuit-t-il, visiblement désabusé, avant de conclure : « NON. Je bloquerais kedal le 17 novembre. Et OUI. Je m'en branle de payer mon essence plus cher. Allez je te fais un p̶u̶t̶a̶i̶n̶ ̶d̶e bisous ».

« L'objectif du post n'était pas du tout d'avoir cet impact-là (…) je ne suis pas anti-blocage »

Devenu viral en quelques jours, son message n’a pas manqué de faire réagir, suscitant autant de commentaires de soutiens que de reproches. Un impact auquel Antony Hamon ne s’attendait pas du tout et qui l’a un peu pris de court comme il l’a confié à nos confrères du Huffington Post.

« L'objectif du post n'était pas du tout d'avoir cet impact-là (…) Je l'ai écrit sur un coup de tête, un peu énervé, après une prise de tête avec un ami. Le 'vas te faire foutre' était pour lui et le 'putain de bisous' aussi. Je n'aurais jamais employé ces mots-là si j'avais dû m'exprimer devant toute la France (…) je ne suis pas 'anti-blocage'. L'unique message est que je trouve, personnellement, triste que l'élément déclencheur d'un blocage national soit le prix de l'essence. Basta », explique-t-il ainsi.

« Dans une petite partie des messages, je me suis fait insulter de tous les noms, de fasciste, de pute-à-clic, de pro-Macron. J'ai pris le temps de répondre à ces messages et la moitié de ces conversations se sont terminées sur un accord au final », précise-t-il, ensuite. "Si ce mouvement-là peut déboucher sur un mouvement plus large qui va faire que l'on se bouge sur l'environnement ou sur d'autres choses, je serai le premier content », conclut-il enfin, optimiste.

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